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« QUE CESSE L’OCCUPATION ! » PAJU No 902, 25 mai 2018: Un spectacle grotesque à Jérusalem

Date de publication : 2018-05-25

par Michelle Goldberg, 14 mai 2018

Lundi, Ivanka Trump, Jared Kushner et d’autres dirigeants de la droite trumpiste se sont rassemblés en Israël pour célébrer le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, un geste largement perçu comme une gifle pour les Palestiniens qui envisagent Jérusalem-Est comme leur future capitale.

L’événement était grotesque. C’était l’achèvement de l’alliance cynique entre des juifs bellicistes et des évangélistes sionistes qui croient que le retour des Juifs en Israël marquera l’apocalypse et le retour du Christ, après quoi les Juifs qui ne se convertiront pas brûleront pour toujours.

Un spectacle grotesque à Jérusalem

Lundi, Ivanka Trump, Jared Kushner et d’autres dirigeants de la droite trumpiste se sont rassemblés en Israël pour célébrer le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, un geste largement perçu comme une gifle pour les Palestiniens qui envisagent Jérusalem-Est comme leur future capitale.

L’événement était grotesque. C’était l’achèvement de l’alliance cynique entre des juifs bellicistes et des évangélistes sionistes qui croient que le retour des Juifs en Israël marquera l’apocalypse et le retour du Christ, après quoi les Juifs qui ne se convertiront pas brûleront pour toujours.

Des religions telles que le « Mormonisme, Islam, Judaïsme ou Hindouisme » conduisent des gens « à une séparation éternelle de Dieu en enfer », a dit un jour Robert Jeffress*, un pasteur de Dallas. Il a été choisi pour donner la prière d’ouverture lors de cette cérémonie à l’ambassade. John Hagee, l’un des plus éminents prédicateurs américains de tous les temps, a dit un jour que Hitler avait été envoyé par Dieu pour emmener les Juifs vers leur patrie ancestrale. Il en a béni la clôture.

Ce spectacle à l’intention de la base chrétienne américaine de Donald Trump a coïncidé avec un massacre à une distance d’environ 40 milles de là. Depuis le 30 mars, il y a eu des manifestations de masse à la barrière séparant Gaza et Israël. Les Gazaouis, confrontés à une crise humanitaire croissante due en grande partie au blocus israélien, réclament le droit de retourner dans leurs foyers israéliens dont leurs familles ont été chassées lors de la fondation d’Israël.

La juxtaposition d’images de Palestiniens morts et blessés et d’Ivanka Trump à Jérusalem souriante comme une Marie-Antoinette sioniste, nous en dit long sur la relation actuelle de l’Amérique avec Israël. Ils n’ont jamais été aussi proches, mais dans cette proximité, on entrevoit les germes d’une séparation potentielle.

Les défenseurs des actions d’Israël à Gaza soutiennent qu’aucun pays n’autoriserait une foule à assaillir sa frontière. Ils diront que même si le Hamas n’a pas appelé ces protestations, il lui a apporté son soutien. « La responsabilité de ces morts tragiques incombe directement au Hamas », a déclaré Raj Shah, un porte-parole de la Maison-Blanche.

Mais même si vous rejetez complètement le droit au retour des Palestiniens, ce que je trouve plus difficile à faire maintenant que les dirigeants israéliens ont presque abandonné la possibilité d’un État palestinien, cela n’excuse pas la violence disproportionnée de l’armée israélienne. « Ce que nous voyons est qu’Israël a utilisé, encore une fois, une force excessive et meurtrière contre des manifestants qui ne représentent pas une menace imminente », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnystie Internationale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Une grande partie du monde a condamné les meurtres à Gaza. Pourtant, les États-Unis, le principal soutien d’Israël, lui ont laissé carte blanche pour le faire. En effet, en déplaçant l’ambassade à Jérusalem en premier lieu, Trump a envoyé le message implicite que le gouvernement américain a abandonné toute prétention de neutralité.

Les rapports de la gratitude d’Israël à l’endroit de Trump abondent. Une place près de l’ambassade est nommée en son honneur. Beitar Jérusalem, une équipe de football dont les admirateurs sont connus pour leur racisme, s’appelle désormais Beitar « Trump » Jérusalem. Mais si les Israéliens aiment Trump, beaucoup d’Américains et certainement la plupart des Juifs américains ne sont pas de cet avis. Plus Trump et Israël sont entrelacés, plus les Juifs américains de gauche s’éloigneront du sionisme.

Déjà avant l’ère Trump, le premier ministre Benjamin Netanyahou avait participé à ouvrir une brèche concernant Israël au sein de leurs partisans dans l’arène politique américaine où auparavant il y avait l’unanimité accablante. Ben-Ami, président du groupe libéral pro-israélien J Street, m’a dit que depuis 2015, quand Netanyahou a tenté de faire taire le président Barack Obama lors d’un discours controversé au Congrès, en s’opposant à l’accord sur l’Iran, les démocrates se sont sentis davantage encouragés à défier Netanyahou.

Les événements de lundi l’ont peut-être changé encore plus et les choses pourraient encore s’aggraver. Mardi, jour de la Nakba où les Palestiniens commémorent leur dépossession, les protestations à la clôture devraient être encore plus importantes. « Les gens n’ont pas l’impression de pouvoir rester à la maison lorsque des proches et des voisins sont tués pour avoir protesté pacifiquement pour leurs droits », a déclaré Abdulrahman Abunahel, un militant du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Trump a renforcé ce qu’il y a de pire en Israël, et aussi longtemps qu’il sera président, il se peut qu’Israël puisse tuer des Palestiniens, démolir leurs maisons et s’approprier leurs terres en toute impunité. Mais un jour, Trump partira. La possibilité d’une solution de paix entre deux États étant presque nulle, les tendances actuelles suggèrent qu’une minorité juive va régner sur une majorité musulmane largement privée de ses droits sur leur terre sous le contrôle d’Israël. Une génération montante d’Américains pourra y voir un état d’apartheid avec une Place Trump dans sa capitale et se demandera pourquoi cet État est censé être notre ami.

Je vous invite à me suivre sur Twitter (@michelleinbklyn) et me rejoindre sur Facebook.

Adapté de: https://www.nytimes.com/2018/05/14/opinion/jerusalem-embassy-gaza-protests.html?rref=collection%2Fbyline%2Fmichelle-goldberg&action=click&contentCollection=undefined&region=stream&module=stream_unit&version=latest&contentPlacement=1&pgtype=collection

Voir aussi : Pastor Who Thinks Jews Are Going To Hell Speaks At Jerusalem Embassy Opening Another evangelical Christian leader speaking at the opening of the new American embassy once said Hitler was a "hunter" helping Jews return to Israel. https://www.huffingtonpost.ca/entry/evangelica-pastor-jews-embassy-jerusalem_us_5af944fde4b0e57cd9faf4ff )

Traduction du titre ci-haut: (Pasteur qui pense que les Juifs vont en enfer parle à l’ouverture de l’ambassade de Jérusalem. Un autre leader chrétien évangélique qui s’exprimait lors de l’ouverture de la nouvelle ambassade américaine a déclaré que Hitler était un «chasseur» qui aidait les Juifs à retourner en Israël.)

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