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Un défenseur de la vérité, de la justice et de la démocratie

Date de publication : 2016-11-12

Nous savons maintenant que le SPVM a espionné les journalistes qui ont été “indisciplinés”, mettant leur nez là où le pouvoir ne veut pas qu’ils aillent. Bien sûr, c’est ce que les journalistes sont censés faire dans leur rôle de Tiers État, mais s’y intéresse-t-on vraiment? Le Washington Post a publié un article montrant que le gouvernement israélien du Likoud « utilisait Facebook pour suivre les activités et les écrits de certains journalistes qu’il perçoit comme antigouvernementaux...» https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2016/11/06/israels-ruling-party-used-facebook-to-track-anti-government-journalists.

Reconnait-on le thème? On le devrait. Cela se passe dans le monde entier; le gouvernement Erdogan en Turquie en est un parfait exemple. La chasse aux journalistes constitue une attaque contre le processus démocratique, comme c’est le cas pour le SPVM (et le SCRS) qui espionne les journalistes qui tentent de faire leur travail.

Un défenseur de la vérité, de la justice et de la démocratie

Nous savons maintenant que le SPVM a espionné les journalistes qui ont été “indisciplinés”, mettant leur nez là où le pouvoir ne veut pas qu’ils aillent. Bien sûr, c’est ce que les journalistes sont censés faire dans leur rôle de Tiers État, mais s’y intéresse-t-on vraiment? Le Washington Post a publié un article montrant que le gouvernement israélien du Likoud « utilisait Facebook pour suivre les activités et les écrits de certains journalistes qu’il perçoit comme antigouvernementaux...» https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2016/11/06/israels-ruling-party-used-facebook-to-track-anti-government-journalists

Reconnait-on le thème? On le devrait. Cela se passe dans le monde entier; le gouvernement Erdogan en Turquie en est un parfait exemple. La chasse aux journalistes constitue une attaque contre le processus démocratique, comme c’est le cas pour le SPVM (et le SCRS) qui espionne les journalistes qui tentent de faire leur travail.

Je mentionne le cas d’Israël puisque le maire Denis Coderre et le maire de Toronto John Tory vont entreprendre une mission économique en Israël du 13 novembre au 18 novembre de cette année. Oui, Israël est un État d’apartheid tel qu’exprimé par de nombreuses personnalités publiques telles que Desmond Tutu et l’ancien président des États-Unis, Jimmy Carter bien que Denis Coderre dise qu’Israël est une démocratie et non un État d’apartheid et qu’il le soutient inconditionnellement. Il soutient également son chef de police, Philippe Pichet même s’il a admis que le SPVM a espionné plusieurs journalistes, et cela malgré le fait que des appels au congédiement pour Pichet viennent d’un peu partout. (Si jamais il est viré, il pourrait y avoir une ouverture pour lui à Tel-Aviv, qui sait!) Le maire Coderre pourra trouver quelques indications sur la manière de suivre des journalistes lorsqu’il rencontrera des responsables israéliens (Likoud) à Tel-Aviv et en faire rapport à son chef de police à son retour à Montréal. Cela pourra aussi se faire lors de la conférence de presse à laquelle M. Coderre participera à Tel-Aviv et où aucun Palestinien ne sera autorisé à y assister!

Ce que nous témoignons est le résultat d’un processus lent, mais constant, par lequel des gouvernements autoritaires du Canada et d’ailleurs utilisent le 11 septembre et la menace du terrorisme pour installer dans la durée un système omniprésent de surveillance des citoyens et citoyennes et des groupes qui s’opposent à l’économie néolibérale et à l’avidité des entreprises, au nom de la sécurité de l’État. Ce que nous devons comprendre, il ne s’agit pas ici du choc des opposés, mais plutôt une dialectique où une main lave l’autre, d’où l’idée exprimée dans le roman de Joseph Conrad, The Secret Agent : «Le policier et le terroriste viennent du même panier. » Leur existence dépend l’un de l’autre et la peur qui émane de leur conflit qui est le pain et le beurre de démagogues qui répandent la peur au nom de la démocratie.

Vous pouvez penser que j’ai erré sur le sujet, mais en fait ce n’est pas le cas. M. Coderre vante son amour de la démocratie, son soutien inconditionnel à la liberté de la presse et à la liberté d’expression. Est-ce vraiment le cas? Frédéric Bérard nous rappelle que le nom de Denis Coderre a fait surface dans le cadre du scandale des commandites de la fin des années quatre-vingt-dix, grâce aux recherches menées par le journaliste du Globe and Mail, Daniel Leblanc.

Quelques années plus tard, Denis Coderre, alors ministre de l’Immigration et Wayne Easter, Procureur général du Canada, ont signé des certificats de sécurité qui ont entraîné l’emprisonnement, sans formalité ni preuve, d’Adil Charkaoui et de Mohammed Harkat. Le certificat de sécurité permet au gouvernement de supprimer l’Habeas Corpus, qui fait partie intégrante de la procédure régulière dans le système judiciaire, et d’emprisonner un individu pour une durée indéterminée sans procédure régulière. C’est un retour à la lettre de cachet qui existait à l’époque de Louis XIV et qui permettait l’emprisonnement des individus de la même manière.

Pendant la période de l’élection fédérale de l’an dernier, la Ville de Montréal a arraché des affiches - dûment identifiées comme affiches électorales conformément aux dispositions d’Élections Canada - de BDS-Québec (tiers Parti non incorporé dûment reconnu par le directeur des élections) et le Parti communiste du Canada avec l’impunité sans équivoque. C’est maintenant devant les tribunaux.

La mise sous écoute de journalistes par le SPVM montre que le Québec est tout simplement un autre exemple de gouvernement autoritaire dépassant ses limites et enfreignant la pratique démocratique sans parler de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Charte des droits et libertés du Québec. M. Coderre, un défenseur de la pratique démocratique, un fervent défenseur des libertés civiles? À peine, je crois.

Frédérc Bérard le résume très bien dans le dernier paragraphe de son article dans Journal Metro : «Traqué, il (Coderre) sert à Lebanc et à d’autres journalistes, dont Vincent Marissal, l’avertissement suivant : « On a des moyens au gouvernement. Qu’est-ce que les journalistes diraient si la GRC mettait le nez dans leur vie privée?» La question n’est plus théorique. Big Brother vous regarde!

Bruce Katz 7 novembre 2016

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