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Pourquoi un embargo militaire contre Israël est-il nécessaire?

Date de publication : 2016-08-13

Présentation par Bruce Katz, coprésident, Palestiniens et Juifs unis (PAJU)

FORUM SOCIAL MONDIAL MONTRÉAL

Atelier : Embargo militaire contre Israël

Université du Québec à Montréal

le 12 août 2016

Dans un article publié dans l’Electronic Intifada en 2006, Ilan Pappe appelle la politique israélienne sur la bande de Gaza un « génocide incrémental », ce qui fait tout simplement référence à la série d’attaques meurtrières sur Gaza, à chaque quelques années, comme la planification d’un lent, mais constant génocide visant à éliminer autant de la population palestinienne de Gaza que possible, dans un processus graduel. L’intention d’Israël est, et en effet a toujours été, de maintenir son contrôle sur les territoires palestiniens qu’il a expropriés illégalement tout en éliminant au maximum la population palestinienne par le nettoyage ethnique, l’étranglement économique et le terrorisme des colons en Cisjordanie, aidé et encouragé par l’armée israélienne, et la destruction massive et les tueries indiscriminées à Gaza résultant de l’usage disproportionné de la technologie militaire supérieure contre une population civile, ce dernier dépeint, par le biais du programme de Hasbara ou de la propagande bien conçue d’Israël, comme des terroristes. Israël, en dépit de son usage disproportionné de la force militaire, se présente comme la victime. Comme Ilan Pappe l’a fait remarquer, « Éliminer le plus grand nombre possible de Palestiniens dans toute la Palestine historique reste toujours la vision sioniste. C’est à Gaza que sa mise en œuvre prend sa forme la plus inhumaine. »

Pourquoi un embargo militaire contre Israël est-il nécessaire?

Dans un article publié dans l’Electronic Intifada en 2006, Ilan Pappe appelle la politique israélienne sur la bande de Gaza un « génocide incrémental », ce qui fait tout simplement référence à la série d’attaques meurtrières sur Gaza, à chaque quelques années, comme la planification d’un lent, mais constant génocide visant à éliminer autant de la population palestinienne de Gaza que possible, dans un processus graduel. L’intention d’Israël est, et en effet a toujours été, de maintenir son contrôle sur les territoires palestiniens qu’il a expropriés illégalement tout en éliminant au maximum la population palestinienne par le nettoyage ethnique, l’étranglement économique et le terrorisme des colons en Cisjordanie, aidé et encouragé par l’armée israélienne, et la destruction massive et les tueries indiscriminées à Gaza résultant de l’usage disproportionné de la technologie militaire supérieure contre une population civile, ce dernier dépeint, par le biais du programme de Hasbara ou de la propagande bien conçue d’Israël, comme des terroristes. Israël, en dépit de son usage disproportionné de la force militaire, se présente comme la victime.

Comme Ilan Pappe l’a fait remarquer, « Éliminer le plus grand nombre possible de Palestiniens dans toute la Palestine historique reste toujours la vision sioniste. C’est à Gaza que sa mise en œuvre prend sa forme la plus inhumaine. »

Les médias traditionnels prêtent un coup de main à l’hasbara israélien. Quiconque doute de la complicité des médias dans le blanchissage des crimes de guerre d’Israël n’a qu’à réfléchir sur le black-out des médias dits « mainstream » du Forum Social Mondial de Montréal où BDS est dénoncé comme antisémite, alors que le programme de nettoyage ethnique d’Israël passe sous silence. Qu’on se souvienne qu’en 2014, ce fut Israël et non le Hamas qui a brisé le cessez-le-feu arrangé préalablement entre les deux parties. Cela n’a pas été rapporté dans nos médias ici non plus.

L’attaque contre Gaza en 2014 est venue à la suite d’une période d’agitation sociale en Israël débutant en 2011. Elle a donné lieu à un appel public à des coupures dans le budget militaire et à une augmentation des dépenses dans les programmes sociaux. Le complexe militaire-industriel, que ce soit en Israël ou ailleurs, n’aime pas l’idée de transférer de l’argent à partir des budgets militaires gonflés à des programmes sociaux, et comme Ilan Pappe souligne également très succinctement, « Il n’y a rien comme une opération militaire pour étouffer toute voix appelant le gouvernement à réduire ses dépenses militaires. »

En d’autres termes, l’attaque d’Israël sur Gaza en 2014 a servi de justification pour maintenir le budget militaire surdimensionné d’Israël. En outre, la population de Gaza a servi de cobayes humains sur lesquels cette nouvelle technologie militaire a été testée, tel que cela a été fait lors de son attaque sur Gaza en 2009 - surnommé Plomb Durci - lorsque son armée de l’air a lancé du phosphore blanc sur la population de Gaza pour voir ce que l’effet serait. Le phosphore blanc brûle la peau sur contact et les conséquences négatives pour la santé et le bien-être des habitants de Gaza se font encore sentir aujourd’hui. Lorsque les autorités militaires israéliennes se présentent aux foires d’armements où ils colportent leurs armes de haute technologie, ils annoncent que ces armes sont « testées sur le terrain », ce qui signifie « testés sur des êtres humains qui vivent dans la bande de Gaza ».

Jusqu’à 85 % de la production militaire israélienne est exportée, ce qui représente environ 10 % du total des exportations industrielles d’Israël. Israël fabrique 60 % des drones du monde entier. 180 Palestiniens à Gaza ont été tués par des drones en 2014; un certain nombre d’entre eux étaient des enfants.

En 2009 et 2010, les exportations israéliennes d’armement ont atteint 7,4 milliards de dollars, ont légèrement fléchi en 2011 au 5.8milliards, ont encore augmenté en 2012 au 7,5 milliards et de 2013 à 2015 sont restés à environ 6 milliards de dollars. L’Europe est l’un des principaux marchés d’exportation d’Israël pour l’armement. Israël a également travaillé sur l’augmentation de ses exportations vers les pays en développement. Depuis 2009, les États-Unis ont fourni environ 30 milliards de dollars en aide militaire à Israël et l’Union européenne a exporté plus de 1 milliard de dollars en armes à Israël en 2014 et importé 1,6 milliard en achat d’armes en provenance d’Israël en 2015. Nous savons maintenant qu’Israël a fourni des armes qui ont servi à commettre des crimes contre l’humanité au Rwanda et dans le Sud-Soudan.

Israël est aussi l’épicentre de la technologie pour l’état de sécurité et il a développé des systèmes de sécurité pour surveiller des populations civiles, en particulier par l’utilisation de drones qui ont la capacité de rester en l’air pendant un certain nombre d’heures et de renvoyer des images. Israël produit des équipements de surveillance sophistiqués pour recueillir des informations privées sur des individus. Il forme des forces de police et des gardes de sécurité. Il fournit des services de sécurité pour les aéroports. Une compagnie israélienne est impliquée, par exemple, dans l’organisation des services de sécurité aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro afin de garder les favelas calmes.

Peut-on donc dire que les favelas ont été palestinienisées et les services de sécurité du Brésil israelisés? Qu’en est-il de Ferguson, Missouri, où un certain nombre d’agents de police qui ont initialement incité les émeutes à Ferguson, avaient déjà reçu la formation des services de sécurité israélienne, ou les pulvérisateurs malodorants israéliens « skunk spray » aussi testé sur les Palestiniens, vendus à la Police Metropolitaine de Saint-Louis, Missouri tel qu’indiqué dans l’Electronic Intifada? Israël est devenu le modèle à l’échelle mondiale pour la répression par les forces de police. Essentiellement, Israël exporte la technologie ainsi que la méthodologie de l’Occupation aux élites dirigeantes des pays occidentaux.

Que faire? Imposer un embargo militaire contre Israël et dénoncer l’hypocrisie des élites politiques qui claironnent la démocratie et les droits de l’homme tout en les minant par le biais d’un système généralisé de pacification et de militarisme mondial.

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