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« QUE CESSE L’OCCUPATION ! » PAJU No 493, 23 juillet 2010: Israël se sent menacé par les organisations de droits humains et le droit international

Date de publication : 2010-07-25

On peut critiquer les Conventions de Genève et le droit international humanitaire (DIH). C’est tout autre chose de présenter le DIH ainsi que ceux qui le soutiennent comme une menace à l’existence d’un État et, qui plus est, d’engager un processus systématique pour le combattre.

Il faudra encore éclaircir de nombreux détails entourant la manière dont un commando de la marine israélienne s’est emparé, au petit matin du 31 mai 2010, du Mavi Marmara, le navire amiral de la flottille humanitaire pour Gaza. Mais, quelles que soient les révélations de l’enquête, ce raid israélien témoigne d’une consternante transformation récente des rapports des autorités israéliennes vis-à-vis des organisations de défense des droits humains et du droit international comme tel.

Israël se sent menacé par les organisations de droits humains et le droit international

On peut critiquer les Conventions de Genève et le droit international humanitaire (DIH). C’est tout autre chose de présenter le DIH ainsi que ceux qui le soutiennent comme une menace à l’existence d’un État et, qui plus est, d’engager un processus systématique pour le combattre.

Il faudra encore éclaircir de nombreux détails entourant la manière dont un commando de la marine israélienne s’est emparé, au petit matin du 31 mai 2010, du Mavi Marmara, le navire amiral de la flottille humanitaire pour Gaza. Mais, quelles que soient les révélations de l’enquête, ce raid israélien témoigne d’une consternante transformation récente des rapports des autorités israéliennes vis-à-vis des organisations de défense des droits humains et du droit international comme tel.

A quelques rares exceptions près jusqu’ici, les attaques directes et programmées contre des travailleurs humanitaires ou des militants des droits de la personne ont été l’œuvre de milices rebelles, de gangs criminels et d’États policiers. Parmi eux, nous incluons les talibans, l’armée de la République serbe de Bosnie, les insurgés irakiens et les responsables des « guerres sales » en Amérique latine. Maintenant, avec l’assaut meurtrier contre le Mavi Marmara, le gouvernement israélien est entré dans cette voie.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a déclaré qu’ «il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza » et que la flottille n’était pas en fait une mission d’aide humanitaire mais « une provocation visant à délégitimer Israël ». L’agence de presse du gouvernement israélien a même envoyé par courrier électronique des copies du menu d’un restaurant à Gaza comme preuve à l’appui. Et, après l’attaque, Ayalon a appelé la flottille «une armada de haine et de violence en appui à l’organisation terroriste, le Hamas». Rien ne peut indiquer plus clairement la panique du gouvernement israélien et sa démonétisation des activistes de la société civile et du droit humanitaire international.

Adapté de "Israel: the third strategic threat", écrit par Thomas Keenan and Eyal Weizman et publié le 7 juin 2010 par Open Democracy; http://www.opendemocracy.net/thomas-keenan-eyal-weizman/israel-third-strategic-threat

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